AI Watch: The importance of LT in national AI Strategies in Europe

n 2018, la Commission européenne a adopté le Plan coordonné sur l’intelligence artificielle qui a été élaboré avec les États membres afin de maximiser l’impact des investissements au niveau de l’Union européenne (UE) et des pays, d’une part, et d’encourager les synergies et la coopération dans l’ensemble de l’UE, d’autre part.  

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L’une des actions clés pour atteindre ces objectifs était d’encourager les États membres à développer leurs propres stratégies nationales en matière d’IA. Plus récemment, l’étude AI Watch - National strategies on Artificial Intelligence a été publiée, présentant un examen actualisé des stratégies nationales en matière d’IA des États membres de l’UE, de la Norvège et de la Suisse. Cet examen comprend la dernière vue d’ensemble et les enseignements tirés des plans nationaux en matière d’IA concernant le soutien au capital humain, la mise en réseau, la mise sur le marché de technologies d’IA, les infrastructures et les aspects réglementaires. Les initiatives en matière d’IA visant à relever les défis sociétaux sont également abordées de manière spécifique.

Du point de vue de la technologie linguistique (TL), le rapport donne plusieurs résultats intéressants :

1.    Avant tout, AI Watch Open a confirmé que l’accès aux données du secteur public, tel qu’il est soutenu par l’ELRC, reste une priorité, car les stratégies nationales en matière de données mettent de plus en plus l’accent sur l’IA afin de favoriser un écosystème numérique robuste pour l’IA et de faire progresser la R&D dans ce domaine.  

2.    En outre, la plupart des pays prennent également plusieurs mesures pour stimuler l’utilisation et l’adoption de l’IA dans les services publics. De nombreuses stratégies nationales en matière d’IA imposent que les projets expérimentaux apprennent en faisant et en partageant les bonnes pratiques. Certaines stratégies nationales mentionnent des programmes de financement pour soutenir des projets d’IA dans l’administration publique. Des initiatives telles que GovTech Polska et GovTech Lab Lithuania sont de bons exemples de la manière de stimuler l’écosystème de l’innovation dans l’administration publique et l’IA.

3.   Plus important encore, la plupart des pays soulignent que les technologies linguistiques sont essentielles dans leurs stratégies en matière d’IA pour permettre la mise en place de systèmes de dialogue interactif et d’assistants virtuels personnels pour des services publics personnalisés. Par exemple, le Danemark, l’Espagne, la Norvège, le Portugal et la Slovaquie font état de politiques de soutien au traitement des langues naturelles. La Slovaquie développe un outil de traitement des langues naturelles pour accélérer le développement de l’IA dans le secteur privé et améliorer la qualité des services publics. L’Espagne a lancé un projet sur la langue espagnole et l’IA (LEIA) pour promouvoir et permettre l’utilisation de la langue espagnole dans le monde numérique. Ces efforts s’inscrivent dans le prolongement des lignes d’action définies dans le Plan national pour la promotion du traitement des langues naturelles. Enfin, le Danemark se concentre sur les technologies linguistiques pour soutenir l’« AI en danois », et a lancé en juin 2020 une plateforme affichant les métadonnées des ressources linguistiques existantes afin de faciliter le développement de technologies linguistiques en danois.

La question de la portée et du poids réels des technologies linguistiques en Europe reste posée. Quels projets et initiatives de TL liés à l’IA existent actuellement dans les États membres de l’UE, en Norvège et en Suisse ? De quel financement en matière d’IA disposent les TL ? Quels sont les principaux acteurs des TL ? Et quel type d’efforts de collecte de données/référentiels pour les TL/l’IAI existe-t-il ? La prochaine réunion du Conseil des ressources linguistiques (LRB) du Consortium européen de coordination des ressources linguistiques (ELRC) fournira donc une analyse plus approfondie des TL dans les stratégies actuelles en matière d’IA, en s’appuyant sur les domaines potentiels de collaboration ainsi que sur les bonnes pratiques, afin de soutenir les décideurs nationaux et d’aider l’UE à renforcer sa position en matière de développement des technologies linguistiques basées sur l’intelligence artificielle et de collecte de données linguistiques dans le cadre du programme NUMÉRIQUE.